Un aventurier des temps modernes est mis sous la loupe de la mini interview aujourd’hui. Sylvain Fillos est le huitième participant au Cadavre Exquis 2015 et il m’a rendu sa copie le 15/02.

N’oubliez pas que vous pouvez toujours vous inscrire sur la liste des réservistes. Si pour une raison quelconque nous rencontrons un désistement, je piocherai un photographe parmi cette liste qui devra me fournir une photo en moins de 48 heures. Avis aux amateurs 🙂

Tout d’abord, pourrais-tu te présenter? Qui es-tu et d’où viens-tu?

Comme mon nom l’indique, je m’appelle Sylvain. Je viens du sud-ouest de la France et réside en Suisse, j’ai 31 ans. En fait, je travaille dans le développement international ce qui m’a amené à fréquemment déménager entre la France, l’Amérique du nord et du sud ainsi que l’Afrique. Plus précisément je suis spécialisé en agro-environnement et en développement intégré. Dit comme ça c’est assez abstrait pour qui ne connait pas le milieu, disons pour simplifier qu’il s’agit d’essayer de rendre les choses meilleures pour les populations pauvres ou marginalisées par un travail de fond (contrairement à l’aide à l’urgence qui répond temporairement à une crise par exemple un tsunami, une famine, une épidémie…). Ceci en toute utopie évidemment. C’est un domaine très complexe, très vaste avec beaucoup de courants et de contradictions, je ne peux pas vraiment rentrer dans les détails. La photographie n’est donc pas mon métier, même si elle en fait aussi partie intégrante à plusieurs niveaux.

© Sylvain Fillos
© Sylvain Fillos

Quelle est ton parcours et comment es-tu devenu photographe?

Mon parcours professionnel est assez chaotique et complexe et ne s’est marié que tardivement avec la photo. Pour la photo tout a commencé en 2008 avec un petit bridge, puis en 2010, alors que je reprenais des études tardives. J’ai alors eu l’occasion de rencontrer Christine et Michel Denis-Huot, un couple très connu de photographe animalier Français. C’est eux qui m’ont transmit cette envie, ce déclic, sans forcément m’amener à en faire mon business. Je suis ensuite passé par divers stades, divers essais, avant de mêler mon métier actuel à ma passion photographique. Ce n’est qu’une toute petite partie de mon travail mais je réalise maintenant diverses photos et reportages en interne pour la communication de l’ONG que je représente, que ce soit pour illustrer notre travail ou faire la promotion d’une activité. En même temps je profite de mes nombreux voyages professionnels pour pratiquer le photo-reportage sur les sujets qui m’intéressent.
J’ai aussi eu l’occasion, au Canada, de servir 1 an comme photojournaliste pour une radio et un journal associatif étudiant de la ville de Québec. Ce fut une très grande expérience!
A la base je possède des diplômes (pour ce que vaut un diplôme…) en agronomie, environnement, développement social. Donc rien à voir avec la photo et les arts. J’ai développé ma pratique en autodidacte.

© Sylvain Fillos
© Sylvain Fillos

Quelles sont les domaines dans lesquelles tu t’es spécialisé et pourquoi ceux-ci?

Je ne suis pas vraiment spécialisé dans un domaine particulier, ou alors dans un domaine très large: le reportage. Finalement ma spécialité c’est la polyvalence.

J’ai commencé avec l’animalier et la macrophotographie qui restent 2 domaines que j’apprécie beaucoup encore aujourd’hui. J’aime vivre proche de mon environnement et le comprendre, la photo animalière est une partie de cette philosophie.

Par la suite je me suis ouvert petit à petit à la photographie sociale, en particulier lorsque j’ai commencé à vivre en Afrique. J’ai toujours souhaité faire connaitre ce continent pour ce qu’il est réellement: beau, chaleureux, sauvage, et non pour ce que l’on en voit à la télé: misère, conflits, corruption. C’est ce qui ressort de mes photos, en tout cas d’après mes proches: une Afrique sans misérabilisme, une Afrique sincère. Cela me permet à la fois de témoigner et raconter une histoire. C’est aussi un prétexte pour aller à la rencontre des gens.

J’ai alors élargi le reportage à la photo de rue et puis un peu de tout: sport, concerts, astropaysage, portraits etc etc. Non seulement il est dans mon caractère de m’intéresser à tout, mais en plus ma petite expérience en photojournalisme m’a amené à toucher des domaines variés, et j’ai beaucoup apprécié. Je pense que le reportage nécessite une grande polyvalence. Être capable de m’adapter à un grand nombre de domaines est pour moi devenu une nécessité, tout comme sortir régulièrement de ma zone de confort me permet de progresser.

Je fais également beaucoup de paysages. A la base sans me démarquer des habituelles photos de voyage, tourisme. Puis au fur et à mesure, en devenant de plus en plus exigeants, en recherchant des plans plus originaux, des atmosphères plus rares. Pour moi la photographie de paysage est quelque chose de très particulier: cela parait accessible, tout le monde pense savoir en faire, mais dans la pratique c’est probablement l’un des domaines les plus difficiles, en particulier si l’on cherche à se démarquer, à faire passer une émotion. Cela implique aussi, parfois, de se faire violence: longs trekkings, longues sorties en pleine nuit par -30°c, sortie par pluie ou blizzard, longues attentes pour obtenir le moment idéal, beaucoup de marche pour trouver le bon angle… tout ça pour ramener 1 ou 2 photo exploitable. Il faut aimer ça ! Il y a souvent un côté aventure, et quelques prises de risque.

© Sylvain Fillos
© Sylvain Fillos

Si c’était à refaire, ferais-tu les mêmes choix pour arriver là où tu es en ce moment?

Oui, les mêmes. Peut-être en commençant plus tôt dans ma vie, mais bon, plus jeune j’avais d’autres centres d’intérêts, d’autres passions, et c’était bien aussi. J’ai une grande admiration pour les reporters de guerre, je pense que ça m’aurais plu. Mais avec du recul je suis mieux là ou je suis ! Me voir partir dans certains pays « difficiles » n’est déjà pas facile pour tout le monde, alors rentrer au cœur de la barbarie…

© Sylvain Fillos
© Sylvain Fillos

Pour terminer, pourrais tu nous dire ce qu’il y a dans ton sac photo?

Vaste question ! Beaucoup trop de matériel, il faut bien l’admettre je suis toujours trop chargé, une vraie plaie en voyage ! Mon dos maudit la photo, surtout en trekking. Pourtant je suis du genre à reléguer le matériel au second plan… mais aussi à vouloir garder un maximum de possibilités. Une petite contradiction comme bien d’autres.
J’utilise généralement un Nikon D750 et un Fuji X-T1 même si la plupart de mes photos sont faites en Canon (7D, 5D mkII), j’ai fais le switch il y a peu). Diverses optiques de 20 à 400 mm principalement des focales fixes, trépied, parfois un flash. Mes objectifs de prédilection sont actuellement le Nikon 20mm 1.8, Sigma 35mm 1.4 Art, et Nikon 85mm 1.4, que ce soit en photo de rue ou paysage. Et puis beaucoup de bricoles…pour bricoler (fils, pince à linge, strap camouflage…), faciliter le rangement, ou protéger le matériel. Quand on voyage souvent avec son matériel c’est essentiel.
J’ai aussi découvert avec le Fuji X-T1 qu’un bon appareil plus léger et compact pouvait apporter beaucoup de plaisir et répondre à toutes les exigences d’un photographe en reportage.

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